The Hungry Lion (2017) review

psycho-cinematography

« A confronting narrative (…), [exploring] the power of the imaginary and the destructive effects this imaginary can have on the position of the subject within society (…), that is now needed more than ever. « 

Introduction

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If there is one contemporary Japanese director that is socially engaged, it is Ogata Takaomi. He proved this engagement with his first feature film Never Ending Blue (2009), which explored abuse and self-mutilation, and confirmed it with his third feature film Sunk in the Womb (2013), which was based on an incident in Osaka where two children were murdered after being abused.

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Final Fantasy XIV: Daddy of Light.

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  Produit par la MBS (Mainichi Broadcasting System ), FInal Fantasy XIV: Daddy of Light voit le jour sur Netflix en Avril 2017. C’est sur une idée originale, mélangeant le monde virtuel et le monde réel que Ren Osugi et Yudai Chiba se sont prêtés au jeu en incarnant un père et son fils, éloignés par le temps.
Akio Inaba (Yudai Chiba) souhaite renouer les liens avec son père, pour ce faire il l’invite dans l’univers de Final Fantasy, autrefois tant apprécié par ce dernier. Dans l’anonymat, Akio aide son père tout au long de la série, afin de le faire évoluer, explorer et battre de nombreux boss. Se nouant avec les codes du drama « classique » à quelques phases tournées avec le moteur d’FFXIV, la série nous livre un rendu unique qui parvient à ne pas dépayser le spectateur. Un charme se dégage même des phases en gameplay que j’ai trouvé assez rigides, permettant de contraster avec la réalité plus qu’autre chose. Ce qui est déjà très fort, car il permet de très bien servir le scénario, simple mais profond. Des liens familiaux ou clins d’œil apportés par le jeu, le public a de quoi se régaler, le tout embellit par une ost soigneusement choisie, faisant plaisir à tout le monde.

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C7SzKyzVAAIHMnT.0.jpg   L’objectif d’Akio étant de renouer avec son père, nous nous confrontons dès le premier épisode à quelque chose de très important. Je n’ai pas la prétention d’être expert en ce qui concerne la mentalité japonaise, cependant les familles y sont souvent représentées comme froides (du moins dans la majorité des séries que j’ai pu voir) et Final Fantasy XIV: Daddy of Light n’en fait pas exception. Beaucoup de choses ne sont pas dites, surtout du côté du père de famille, Akio quant à lui, a du mal à exprimer sa pensée ce qui a tendance à entraîner pas mal de confusion entre lui, son père et bien sûr sa mère. C’est là que le jeu prend tout son sens, car il permet aux deux personnages de se livrer l’un à l’autre, là où dans la réalité les choses ne se seraient peut êtres pas échangées, la barrière du virtuelle permet d’estomper toute fierté, honte, responsabilité, en ajoutant à cela qu’Akio joue dans l’anonymat et que son père ne sait pas que depuis le début c’est à son fils qu’il se livre et non quelqu’un d’autre. Ce qui ajoute à la série beaucoup d’émotions.

Comme je l’ai dit plus tôt, la série est accompagnée de beaucoup de clins d’œil, que les joueurs pourront s’amuser à dénicher tout au long de la quête de nos deux héros, la bande sons faisant partie intégrante de ces clins d’œils, qui par moment vient se fondre avec les séquences en gameplay et prise de vue réelle, sublimant l’avancement de la relation entre Akio et son père pour mêler réel et virtuel en une seule et même séquence. Cependant il n’est pas nécessaire d’être passionné par FF, ou bien d’avoir jouer au jeu en question pendant des centaines d’heures pour apprécier la série. Son format de 7 épisodes dont un bonus, tous d’une vingtaine de minutes la rend accessible à tous. Et c’est ce qui en fait une oeuvre conviviale. Nous pouvons tous nous retrouver sur cette série. Et je tiens à souligner le fait que j’ai apprécié les parallèles entre les moments où Akio était à la maison et au travail. Bien que cela a évolué, je n’oublie pas qu’il a longtemps été question de dénigrement quant aux joueurs de jeux vidéos, et que le fait de jouer était rapporté à un comportement immature, comme une activité réservée aux enfants. Ici il n’est pas question de ça car on comprend bien que tout le monde est libre de jouer, et ce calmement, c’est un détail léger mais important à mes yeux car il a été soigneusement représenté tout au long de la série.

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  J’ai été plongé dans les jeux vidéos par mon père, Nintendo 64 et Sega notamment, mais c’est surtout quand il avait acheté la première playstation que cela a commencé, j’avais pour habitude de le regarder jouer, et j’ai passé de nombreuses soirées à le voir s’énerver sur « Time Crisis » ou encore « Coupe du Monde 98 ». Final Fantasy XIV: Daddy of Light m’a rappelé ces moments, et m’a conduit vers cette question: « Si moi aussi je voulais renouer les liens avec mon père, j’aurais utilisé quel jeu? » Je n’ai toujours pas trouvé réponse mais je pense intéressant de méditer là dessus. Et c’est certainement pour cette raison, que j’ai tant apprécié cette série, et que par extension je vous la recommande à tous.

空気人形 ( Kūki Ningyō)

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plus connu sous le titre « Air Doll », est un film réalisé par Hirokazu Kore-Eda; sortie en 2009 le film a été diffusé à la 62e éditions du Festival de Cannes, dans la section « Un Certain Regard » le jeudi 14 Mai. Basé sur le manga original « ゴーダ哲学堂 空気人形 » (The Pneumatic Figure of a Girl) de Yoshiie Goda. Un seinen publié dans le Big Comic Original en 2000.

Fable sociale sur la vacuité humaine:

Nozomi, voici le nom du protagoniste de ce film, une poupée gonflable, bien sûr ce n’est pas son vrai nom mais celui qui lui a été donné par Hideo, son propriétaire et compagnon sexuel. L’oeuvre s’ouvre directement sur ce personnage que l’on voit l’air songeur appuyé contre son reflet de la fenêtre; un plan très fort qui illustre parfaitement l’aspect vide de ce personnage grâce à la transparence de son reflet (une performance personnelle de l’acteur Itao Itsuji, Kore-Eda avoua dans une interview qu’il fut frustré que ce ne fut pas son idée.) nous le suivrons ainsi jusqu’à son petit logement où nous découvrons pour la première fois Nozomi, plus qu’une poupée et un objet sexuel, elle est pour Hideo ce qui comble son vide. En effet on apprend plus tard dans le film que ce dernier lui a donné le nom de Nozomi car c’était celui de son ex compagne.

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Manque, solitude et désir sont les thèmes récurrents que nous peint Kore-Eda à travers sa projection. Mais c’est aux côtés de Nozomi, que le spectateur découvrira en même temps qu’elle, ce que son voyage dans ce petit quartier de Tokyo est prêt à lui offrir. A l’instar d’un conte de fée et d’oeuvres Disney comme « La petite sirène », qui est directement cité dans le film, on pourrait se fier au synopsis et ainsi penser que ce produit n’est qu’une sorte de Pinocchio mélangé à une histoire d’amour, c’est ce avec quoi le réalisateur joue à merveille, jonglant entre la légèreté du synopsis et la gravité social de ses propos, ce film laisse place à des questionnements philosophiques sur ce qu’est être un Etre Humain.
Nozomi, se glissera en dehors du lit au même moment où Hideo sera au travail, pour découvrir le monde extérieur, autant dire que cela donne carte blanche au réalisateur pour nous dépeindre une société malade, car oui notre protagoniste ne connait rien de la réalité et déambule dans un premier temps dans son quartier où elle fait la rencontre de personnages, que nous verrons aussi évoluer. Il est important de noter que tous les personnages, sans exception, souffrent de solitude. Hideo, au moment où l’on découvre l’origine du prénom Nozomi, ce dernier n’exprime aucune joie par rapport au fait que sa poupée fétiche est vivante, il lui demande même si elle ne préférerait pas redevenir une poupée, jugeant qu’une relation avec un être être humain n’apporte que des embrouilles. Plus tard nous faisons la rencontre de Junichi, l’homme qui suscitera chez Nozomi le désir amoureux; ils évolueront tous deux dans un magasin de location de films, dont le gérant se trouve lui aussi être un homme seul, se réfugiant dans ses classiques du septième art.

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si il y a un bien un mot à retenir dans ce film, c’est « ersatz » (passez le bonjour à votre dictionnaire de ma part, si besoin.) en effet, ce mot se voit être cité plusieurs fois, Nozomi se dit d’elle même n’être que l’ersatz de l’ex d’Hideo. Nous savons que dans la culture japonaise prendre soin des objets du quotidien est important, ce film véhicule à la fois ce que nous, être humain, voyons d’un objet mais aussi ce que les objets voient de nous grâce à Nozomi qui malgré le fait qu’elle se voit dotée d’un « cœur » reste néanmoins un objet de consommation artificiel et éphémère. Éphémère, c’est d’ailleurs le sujet de conversation que notre poupée aura avec un personnage plus qu’important, un professeur remplaçant, qu’elle rencontre seul sur un banc. Je cite ses mots: « Dis, tu connais l’insecte appelé « l’Éphémère »? L’Éphémère…meurt deux jours après avoir donné naissance. En fait, son corps est vide. Il n’a ni estomac ni intestins. A leur place, il n’y a que des oeufs. Il naît uniquement pour donner la vie et mourir. Les humains ne sont pas si différents. » dialogue étrange quand on sait que Nozomi est elle aussi une poupée vide ne contenant que de l’air. C’est d’ailleurs ce qu’elle rétorqua « Je suis aussi toute vide. » le vieil homme dit alors qu’il l’est aussi, c’est là un des moments très importants de l’oeuvre qui entre en connotation avec les travaux naturalistes de Kore-Eda, Nozomi demande au vieil homme si ils y a d’autres personnes vides comme eux, il lui répondit que tous le sont dans ce genre de ville.

Extrait d’une interview: 
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Une allégorie sur le cycle de la vie:

En suivant Nozomi (joué par la talentueuse actrice Doo-Na Bae, que l’on peut retrouver dans « Sympathy for Mr Vengeance » chef d’oeuvre qui a permis au réalisateur de la découvrir, mais aussi dans « Cloud Atlas » et même la série Netflix « Sense8 ») dans son voyage on peut affirmer qu’Air Doll est un tableau sur le cycle de la vie, allant de la naissance de la poupée en un être vivant, tel un nouveau-né, puis passant par des phases d’apprentissages ainsi que d’adaptations et de rencontres il nous délivre toutes les étapes que l’on rencontre dans une existence. Dans la deuxième parties, Nozomi rencontre son créateur, dans son atelier elle y fait la rencontre de poupées, certaines prêtes et d’autres qui doivent encore être assemblées, une métaphore sur les questions existentielles que l’ont peut se poser et une prise de conscience pour Nozomi, de son propre être. Elle qui jusque là souhaitait vivre, être soumise au temps qui nous fait vieillir et mourir, elle ressemble fortement à nous, Homme qui réalisons ce qu’est la vie. Lors de sa discussion avec le fabricant de poupées, Kore-Eda avoua y avoir retranscris son dialogue avec un vrai fabricant de poupées de chez Orient Industry, face à son créateur Nozomi ne désire qu’une chose c’est de savoir pourquoi elle est vivante, quel sens derrière son existence, celui ci lui répond que malgré le fait qu’il soit son créateur; il ne peut y répondre car il n’en sait rien. Serait ce le même questionnement pour l’Homme? De savoir quel est le but de son existence, est elle vaine, y a-t-il un but? Cherchant des réponses Nozomi finit par devoir répondre à des questions, l’inverse de ce qu’elle pensait finalement. « Tu aurais préféré ne pas avoir de cœur? » lui demanda son créateur, bien sûr elle répondit que non, mais que c’est douloureux.. C’est douloureux de vivre.

Le premier lieu que nous découvrons avec Nozomi est celui des ordures communes, Nozomi voit les habitants du quartier se débarrasser de leurs déchets pour que les éboueurs puissent ensuite les emmener. Ironique ou non, c’est ici aussi que le film s’achève, considéré comme le lieu de naissance car il marque le début du voyage du protagoniste dans le monde extérieur mais aussi le lieu de mort et donc d’épilogue. C’est ici que notre poupée vient finir ses jours, tel un déchet. Encore plus ironique quand on sait qu’elle découpe son petit ami pour le mettre dans des sacs poubelles après l’avoir tué. Finalement, lui aussi rejoint les ordures. Ne sommes nous pas différents de ces déchets éphémères que nous consommons jusqu’à nous en débarrasser?

Derrière cette affiche de conte de fée se cache tout un questionnement existentiel et philosophique sur la Vie. Une critique sur une société tout entière, qualifiée de malade. Hirokazu Kore-Eda véhicule sa vision de la vie, qu’il projette à travers le regard d’une poupée gonflable qui comme les insectes Éphémères vides ne vivants que deux jours, ne voit sa vie durer que deux longues heures pour certains, mais courtes pour d’autres..

J’ai beaucoup aimé ce film, et suis consterné par les critiques qu’il a pu recevoir à Cannes en 2009. Néanmoins Bae Donna reçut le succès mérité en Asie, et a même remporté le prix de meilleure actrice. Il faut dire que son jeu d’acteur est totalement bluffant! Aussi, les divers personnages que vous rencontrerez dans ce voyage sont extrêmement bien dépeints, mention spécial à l’hikikomori qui m’a vraiment mis mal à l’aise. Le projet dure en effet deux heures, c’est un des reproches principal du film « On peut lui retirer 90 minutes et ensuite y a du potentiel. » une des critiques qui m’a particulièrement irrité, les deux heures sont totalement justifiées car ce film montre ce qu’est la vie il en va de soi que celui ci soit long, car il faut aussi pouvoir profiter du vide, qui a une place importante dans la culture japonaise. Une vie se dit aussi ennuyeuse par moments, il est donc normal que le film représente aussi ces aspects là. Si vous êtes intéressés par le réalisateur je ne peux que vous conseiller toute sa filmographie.

Sources:
http://www.cinemotions.com/interview/106441